Dimanche 19 Novembre 2017
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Bulletin n°1: Pour mieux se connaître
Pour mieux se connaître.
Extrait d'une interview pour un documentaire (Novembre 2007, à Giza)
Antoine GigalJournaliste: - Antoine Gigal qui êtes-vous ?

Gigal : - Eh oui! Je suis une femme (sourire), égyptologue indépendante, exploratrice et auteur.

Journaliste : - Mais alors pourquoi ce pseudonyme?

Gigal : - Pour d'évidentes raisons que connaissent ceux qui sont sur le terrain. Mon anonymat est une sorte de protection. Je suis une des rares femmes à parcourir les sites archéologiques les plus reculés dans toute l'Égypte. J'ai besoin de liberté pour pouvoir enquêter et faire mes recherches. J'avais besoin donc d'un pseudo masculin pour qu'on ne fasse pas de rapprochement avec moi. Je suis consciente que cela va troubler certains de mes lecteurs qui m'imaginent plutôt comme une sorte de vieux savant barbu! C'est une vraie surprise pour eux. Mais il y a eu des précédents dans notre belle Histoire française: regardez Georges Sand !

Journaliste : - Et maintenant?

Gigal : - Maintenant, je conserve mon anonymat mais je dévoile une partie de moi à certains qui me font l'honneur et la confiance d'apprécier mes écrits. Il est temps de partager le plus possible tout ce que j'ai appris. Des sites sont inaccessibles au grand public ou trop lointains, mes permis de visite me permettent d’accéder pratiquement partout et ainsi je peux partager avec vous ce que j’y découvre. D’autre part dans les sites connus on ne montre pas toujours ce qui compte, on passe à côté de beaucoup de choses, c’est là que j’interviens.
Gigal devant un mastaba à Giza avec un assistant, 2008.
Journaliste : - Vous revenez en France plusieurs mois?

Gigal : - Oui, car je dois écrire. J'ai trois livres en chantier. Autant, je pouvais écrire des articles depuis l'Egypte, autant, écrire des livres m'est impossible là-bas. J'ai tout le temps envie d'être dehors et d'explorer et je suis trop sollicitée. Il y a encore là-bas une chaleur humaine qui importe et qui prend joliment de la place.

Journaliste : - Quelle est votre démarche ?

Gigal : - C'est l'histoire d'une interaction avec l'univers du mystère et du sacré. Mon contact avec le secret, ce qui est mal connu et en même temps très réel m'a forgée toutes ces années. L'Ancienne Egypte recèle pour moi les secrets des secrets car elle est dépositaire depuis très longtemps des mystères concernant notre humanité. Mais pour y voir clair il faut beaucoup travailler, beaucoup décrypter, et globaliser ses connaissances. Avec l'humilité nécessaire pour entreprendre ce processus qui s'impose à vous, plus que vous ne vous imposez à lui. Ma démarche est réellement celle d'un détective. Je cherche des pistes, je traque le détail, je fouille dans les strates..."

Journaliste :- Mais en quoi ce passé, cette Ancienne Égypte, peuvent-ils nous apporter quelque chose aujourd'hui ?

Gigal : - Toutes les formes culturelles de l'Égypte nous parlent du mystère de notre existence dans l'univers, un mystère qui permet à l'homme d'atteindre la connaissance et la participation à sa nature secrète. Les Anciens Égyptiens sont une source de connaissance dans laquelle l'humanité peut puiser et à la nature intrinsèque de laquelle elle peut participer. A condition que tout ceci donne lieu à une recherche sincère, honnête et pragmatique. Et que l'on remonte dans le temps le plus loin possible. C'est ce que j'essaye de faire à mon modeste niveau.
Ce mystère de l'existence est une caractéristique de notre vie, il existe réellement. Nous existons et vivons dans ce mystère, cette nature extraordinaire de notre réalité que les scientifiques aujourd'hui, décrivent avec la physique quantique ou la relativité générale étendue, d'une façon de moins en moins matérialiste, impliquant une nouvelle perspective éthique chez la plupart d'entre nous et impliquant la planète entière. L'humanité présente est en questionnement sur des solutions à sa survie. Or les Anciens égyptiens ont réussi à transmettre au cours des âges beaucoup de connaissances précieuses malgré les destructions, falsifications, déformations, incompréhensions. J'en suis même venue à penser qu'ils avaient développé des techniques spécifiques pour pouvoir y arriver. Je pense d'ailleurs sincèrement que c'était là leur but primordiale: Nous transmettre une mémoire précieuse pour les moments décisifs de notre humanité. Cette transmission qui est ce « bien » par lequel l'humanité peut mieux se situer et comprendre l'univers et ses cycles. Or dans l'égyptologie classique on prétend toujours que tout commence vers moins 3500 ans en Égypte! Qu'après les nomades « ignorants » de la préhistoire, il y a d'un coup, des monuments colossaux, que l'on aurait peine d'ailleurs parfois à reproduire aujourd'hui, une irrigation et une agriculture sophistiquée, des grands prêtres omniscients, des centaines de Dieux etc… Il y a comme un problème ! Cette anthropogenèse brutale ne peut satisfaire la curiosité et l'honnêteté intellectuelle. Alors les connaissances ne peuvent évoluer qu'à partir du moment où des êtres sortent des sentiers battus pour les envisager autrement. Il est important de ne pas se limiter à la seule compréhension de notre présent…"

Journaliste : - Que vous inspire le territoire égyptien?

Gigal : - He bien, je vais passer par un autre pays pour vous l'expliquer: Au Japon, l'espace est perçu comme:" l'arche du mystère", ce mystère s'offrant à l'homme pour qu'il y édifie et construise. Le territoire égyptien est typiquement cet arche du mystère, un espace paradoxalement très ordonné, minutieusement subdivisé depuis très longtemps en 42 Nomes délimités parfaitement par des canaux d'irrigation. Cette terre a été planifiée, subdivisée, quantifiée plus que toute autre depuis un temps immémorial. De part et d'autre d'un fleuve presque rectiligne du Sud au Nord. Avec ses myriades de réseaux souterrains allant de Giza à la Libye, de Mokkatam à la Mer Rouge, et à Abydos...
Et puis il y a l'énigme des origines ce que nous en disent les Textes: Une vie originaire des étoiles circumpolaires, d'étranges ancêtres rouges, les Suivants d'Horus, les rois des Abeilles, le monde souterrain du Duat, sorte de porte vers les étoiles et le mystérieux pays de Pount....il y a de quoi chercher et élucider!
Antoine Gigal dans le sud de l'Egypte
Gigal sur le terrain dans le sud de l'Egypte, décembre 2010.
Journaliste : - Et comment vous faites justement, pour chercher?

Gigal : - A part une recherche de type universitaire très nécessaire pour trouver : les textes originaux égyptiens afin de les retraduire, les rapports de fouilles, les thèses et ouvrages déjà écrits tout cela en plusieurs langues, à part les étudier avec une discipline particulière de classement et de mémorisation, et à part une confrontation primordiale avec la réalité du terrain, pendant des années, bien nécessaire pour comparer des lieux, s’en imprégner, observer, il y a un élément indispensable que bon nombre de chercheurs ignorent trop souvent...

Journaliste : - Qu'est-ce que c'est ?

Gigal : - C'est cette fameuse tradition orale qui perdure encore sur le territoire africain. Quelques égyptiens près de certains sites archéologiques en sont les récipiendaires respectueux et choisis, de l'enseignement et des souvenirs de leurs Anciens et cela à la virgule près. Leur mémoire est fabuleuse et ils arrivent à remonter très loin. Mais pour approcher ce Savoir il faut quelques années pour obtenir leur confiance et faire ses preuves. Grâce à cette Tradition orale on peut avancer encore mieux...(...)
Propos de fin 2007.

Gigal Research 2013 - 2015