Samedi 20 Décembre 2014
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Pyramides de Sicile:

Une très haute Antiquité

On note une présence humaine dans la plus grande île de la Mediterranée (26000 km2): la Sicile, dès la fin du Pléistocène.
En effet on retrouve dans cette île au carrefour des civilisations des dessins le prouvant dans des grottes datant de 6000/8000 Avant JC comme près de Palerme : dans les cavernes de l’Addaura et comme dans les îles Egades.
On retrouve donc beaucoup de traces du Paléolithique supérieur.
Cette île, également le lieu de nombreux épisodes de la vie mythologique des dieux Gréco-Romains a un patrimoine d’une grande richesse, des vestiges d’une grande diversité, mais un seul de ses héritages est particulièrement méconnu : celui de ses pyramides…
Et c’est celui-ci que je suis allée rechercher précisément lors d’une exploration détaillée avec mon équipe.
Des communautés agricoles dites « primitives » se sont donc établies autour de la mer Égée aux alentours de 6000 av. J.-C., mais on dit également que cette région est restée à la traîne dans la progression vers la civilisation, loin derrière l'Égypte et la Mésopotamie mais en fait c’est peut-être bien plus nuancé que cela.
Homère dans l’Odyssée se référait à la Sicile par le nom de: Sikania (Dans les textes classiques on la nomme aussi Sikelia) et mentionne les montagnes Sicanes.

C’est pourquoi un des trois peuples d’origine en Sicile se nommait: les Sicans (Sikanoi, Sicaniens) et daterait de 3000 Avant J-C à 1600 avant J-C en comptant la période proto-Sican, plus ancienne où diverses influences Méditerranéenne se mêlent dans la population du Néolithique et seraient localisés plutôt dans la partie centrale et occidentale de l’île.
Beaucoup de notre connaissance sur les très anciens Siciliens nous viennent de la littérature Grecque par des fameux écrivains comme Diodore de Sicile mais il y a très peu de choses sur les Sicans. Les Sicans d’ailleurs ont été considérés plus tard par l’historien Grec Thucydides(460-394 Avant J-C) père de l’histoire scientifique et du réalisme politique, comme une tribu venue d’Ibérie.

Il y aurait des facteurs linguistiques l’indiquant et il y a la rivière Sicano en Espagne mais il n’y a pas de preuve définitive de cette thèse. Leur nom vient sans doute du mot: « Sika » désignant la calcédoine que l’on a trouvé en quantité dans les vallées où ils ont habité avec laquelle ils stylisèrent leurs outils du Néolithique. On sait qu’ils étaient installés en confédérations autonomes, qu’ils avaient des échanges étroits avec la culture Minoenne (4000 à 1200 av.J.-C) de Crète et les Mycéniens (1450 à 1100 av.J.-C).

On sait aussi que la civilisation Minoenne avec laquelle les Sicans étaient donc liés a connu un essor soudain vers 2000 av.J.-C pour prendre la tête des cultures européennes et une théorie nous indique que se serait grâce à des réfugiés égyptiens sortant de périodes de troubles qui auraient apporté leurs techniques et liens commerciaux avec la Mésopotamie.

A cette même époque les Minoens inventèrent d’ailleurs une écriture fondée sur un système hiéréoglyphique. Toujours est-il que selon Thucydides se sont les Sikans qui auraient vaincu les géants Cyclopes… et qu’avant l’arrivée des Sicels où les peuples préhistoriques dont ils étaient les descendants, ils occupaient certainement toute la Sicile. Vers 1400 Av.J.-C, se produisit une grande migration venue des côtes calabraises depuis la péninsule italique: il s’agit du peuple Sicule (Sicels, :Si’keloi) qui déferlent sur la Sicile en repoussant vers l’Ouest les Sicans.

Ils s’installent principalement en Sicile Orientale. L’historien Grec: Filisto de Siracuse du IVème siècle avant J.-C, auteur d’une Histoire de la Sicile (Sikelikà) raconte que l’invasion viendrait à l’origine de la Ligurie guidée par un : Siculo fils du roi : Italo dont le peuple avait été délogé par des tribus de Sabins et d’ Ombriens.

Certains chercheurs actuels pensent que Siculo et son peuple viendraient à l’origine de plus loin encore: d’Orient. En Sicile Le Professeur Enrico Caltagirone et Alfredo Rizza ont même déterminé que dans la langue actuelle sicilienne il y aurait plus de 200 mots venant directement du sanskrit…

Puis nous avons l’autre peuple de Sicile pendant l’âge de bronze et l’Antiquité classique: les Elymes (Elimoi,Elymi) migrants d’Anatolie et seraient originaires des fameux « Peuples des mers ». Car l’Ouest de l’Anatolie était alors occuppée par des non Indo-Européens. Thucydides nous dit qu’ils sont des réfugiés de Troie.

En effet un groupe de Troyens auraient survécu à la défaite de Troie en s’échappant par la mer et se seraient installés en Sicile en se mélangeant aux Sicans. Virgile écrit même qu’ils auraient été conduits par le héros Aceste roi de Ségeste en Sicile qui aurait secouru Priam et Enée et fait ensevelir Anchise à Erix (Erice actuelle).
Vue depuis les hauteurs d'Erice où Anchise aurait été enseveli.
Ils se concentrèrent donc autour de la ville de Ségeste et Erice.

L’interprétation de leur langage pose encore problème aux spécialistes et je ne crois pas que cette origine Troyenne soit imaginaire comme certains l’ont écrit, il suffirait de procéder à des analyses ADN d’ossements pour en avoir le cœur net.

En tout cas ils étaient assez puissants pour combattre et résister aux pressions expansionnistes des Grecs de Sélinonte qu’ils réussirent à contenir et se lièrent beaucoup avec les Carthaginois.

Et au 8ème siècle Avant J.-C., commence en Sicile la colonisation des Phéniciens de Carthage alliés aux Crétois et par les Grecs, Corinthiens, Ioniens et Mégariens.
Nous voyons ici que discerner qui furent les bâtisseurs des pyramides entre ces trois peuples n’est pas chose facile…

Les Pyramides autour de L’Etna

La première chose à considérer lorsqu’on étudie ces pyramides siciliennes c’est qu’elles sont pour la plupart, presque toutes regroupées tout autour du volcan de l’Etna en arc de cercle...
Pourtour de l'Etna où se trouvent les pyramides siciliennes de Piedimonte Etneo jusqu'à après Randazzo. L’Etna, (Aïtné en Grec, Aetna en Latin, Munce beddu (Le Mont blanc) en Sicillien, Mongibello en italien (le beau Mont), Jebel Utalamat en arabe (la montagne de feu)est le plus ancien volcan actif du monde. Il couvre 1190 km2 et à une circonférence de 165 km2. Sa hauteur varie de 3326m à 3350m de hauteur selon les éruptions. Son cratère central fait ½ km de large. C’est un volcan strato-volcanique au pied duquel se trouve la ville de Catane. La plaine de Catane actuelle était occupée il y a 700.000 ans par un golfe car l’Etna naquit à cette époque au quarternaire pendant de multiples éruptions sous-marines et à ainsi comblé petit à petit le golfe de Catane. N’oublions pas que la Sicile subit les effets du télescopage de trois plaques tectoniques en même temps : celle de l’Eurasie, de l’Arabie et de l’Afrique. On sait qu’en 6000 avant J.-C un tsunami causé par une éruption de l’Etna aurait laissé des marques dans l’Est Mediterrannéen et en 396 Avant J.-C son éruption stoppa une invasion des Carthaginois en route pour attaquer Syracuse. Et on sait également aujourd’hui que l’on retrouve des cendres provenant de ce volcan à plus de 800km de là, à Rome par exemple. Alors que viennent faire de petites pyramides tout autour d’un tel volcan ?

Différentes formes de pyramides toutes construites de la même façon

D’abord sachant qu’environ dix de ces petites pyramides avaient déjà été photographiées plus ou moins de loin par des photographes italiens je décidais avec mon équipe d’aller les voir sur le terrain, les informations manquant cruellement à leurs sujet.

En effet on ne trouvait de disponible qu’une dizaine de clichés pris sur le même angle et parfois de bien loin de petites structures pyramidales sans pratiquement d’explication ni précisions de lieu.

J’essayais de faire une reconnaissance satellite aussi avant de partir, mais celle-ci ne donna pas grand chose tellement le terrain de lave sombre est accidenté et parfois recouverts d’arbres fruitiers et de vigne…

Nous basant à Catane plusieurs jours puis à Giardini Naxos, nous passions nos journées de 9h du matin à 3h du matin à rayonner en voiture dans toute la région, balayant systématiquement chaque zone en faisant en moyenne 300 arrêts par jour, pour descendre, prendre de petits chemins à pied, escalader des collines, photographier et prendre des notes et quelques mesures…

J’ai actuellement environ 2000 photos d’une trentaine de pyramides! Ce ne fut pas chose facile car beaucoup de pyramides se trouvent dans des propriétés privées difficiles d’accès, d’autres sont cachées sous la végétation et encore d’autres sont partiellement voire presque complètement détruites par les bulldozers ou des maisons sont carrément construites dessus profitant de la stabilité impeccable de leurs plateformes!

Je pensais juste retrouver les pyramides déjà photographiées pensant qu’il ne devait y avoir que celles-ci mais qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque j’en découvris des dizaines d’autres! De parfaites petites pyramides en pierres de lave apparemment jamais répertoriées! Très vite, en s’en approchant, en en faisant le tour, en les observant à différentes heures de la journée une évidence s’imposa: toutes les pyramides construites autour des pans de l’Etna avaient été construites par la même civilisation, avec le même type de pierres de lave, la même disposition de celles-ci, le même traitement des angles et on pouvait en discerner différents types bien répartis autour du volcan.

Ainsi nous avons pu dénombrer de Piedimonte Etneo en passant par Linguaglossa, Passopicciaro, Randazzo, Bronte et jusqu’à Adrano, des pyramides rectangulaires à degrés, des pyramides à base carré à degrés, des pyramides à base rectangulaire aux angles ronds avec degrés comportant également des angles ronds, parfois avec des autels au sommet, et des pyramides coniques, rondes à degrés.

Nous avons aussi observé bon nombre de chemins étroits pavés de pierres de lave, ne servant plus depuis très longtemps et enclavés entre deux murets de pierres assemblés en forme d’écailles, recouvertes par des champs de cactus et des buissons épineux reliant de petites pyramides à certains points près d’anciens villages se présentant comme un réseau de ruelles étroites et sinueuses délimitant de myriades de petits champs clos murés par des murs de 4m de haut comportant parfois l’emplacement de portes et de fenêtres…

nous avons aussi observé des collines « travaillées » avec de très anciens systèmes de rigoles et d’irrigation et des gradins étroits en pierres formant comme une sorte de théâtre ne semblant pas être gréco-romains sur les versants de collines regardant l’Etna…

L'étrange chemin sinueux de procession en pierres de lave accédant à la pyramide de Catena avec ses murets typiques
Le chemin de procession spécial en petites pierres de lave menant à la pyramide de Ctena.(Photo Gigal)
Gigal devant la pyramide de Catena
On voit les gradins et l'arc de cercle théatrale
Ainsi rien que dans Catena après Linguaglossa de l’autre côté de la route vers le nord au bout d’une ruelle moderne cernée d’habitations et de fermettes on trouve soudain sur la gauche un chemin sinueux pavée de très anciennes pierres de lave très noires enserrées entre deux murets qui conduit sous un groupe d’arbres où soudain apparaît une petite pyramide à degrés parfaite que l’on a essayé de détruire mais sans succès et qui comporte même à l’ouest une rampe d’accès encore visible.

Le tout est entouré de pans de murs en ruines faisant parti d’un ensemble et se perdant sous la végétation sauvage. En repartant par le même chemin mais en continuant tout droit vers les collines, des murets d’une facture bien particulière, épais et large que l’on trouve uniquement au voisinage des petites pyramides ne nous quittent pas.

Ce qui est incroyable c’est que se sont exactement les mêmes murs que nous avons trouvé dans la plaine Magnien à l’île Maurice au voisinage des pyramides mauriciennes! Puis l’on voit alors sur au moins trois collines une organisation en gradins et en arc de cercle qui font penser à un véritable théâtre avec en bas un emplacement dégagé pavé de grandes dalles, faisant parfaitement face à l’Etna majestueux.

Les gradins sont très étroits ne favorisant pas vraiment la culture bien qu’aujourd’hui on essaye d’y acclimater de la vigne et quelques oliviers avec beaucoup de difficulté, les angles sont parfaits et l’empilement des pierres très savant.

Ce lieu est un remarquable exemple de ce qu’à pu être un lieu de culte dédié au volcan.
Mur de pierres de lave derrière la pyramide de Catena,Sicile La petite pyramide de Catena.
Mur de pierres de lave derrière les pyramides de l'île Maurice (Photo R.de Saint Simon pour Giza for humanity), la ressemblance est extrêmeL' Etna majestueux comme il est vu depuis ls gradins de l'arc de cercle à Catena

La mythologie des lieux

N’oublions pas que le mot Etna est le nom de la nymphe sicilienne devenue déesse : Aetna (Aitnê,Aitna) qui vient du grec Aitne de aithô : « Je brûle ». Elle se nomma aussi Thalia.

Aetna était Fille de Gaïa: la Terre et d’Ouranos: les cieux qui auraient donné naissance aux Géants, Titans, Cyclopes (dont un se nomme Brontë, comme la ville à l’Est de l’Etna) et Furies (dont une Megaera à donné son nom aussi à une ville sicilienne).

Aetna eût des jumeaux d‘Adrano(Adranus), dieu qui avait beaucoup de caractéristiques communes avec le dieu Hephaïstos: il vivait sous le volcan et certains chercheurs vont jusqu’à l’assimiler aux dieux Adar de Phénicie et même Adramelech de Perse personnifiant tous le soleil et le feu.

Adrano, Dieu du peuple Sicels installés autour du volcan, était adoré dans toute la Sicile et particulièrement à Adrano la ville qui porte son nom sur les pans de l’Etna et où se terminent l’édification des pyramides.

Par jalousie Héra fit en sorte que les jumeaux d’Aetna soient avalés par la terre mais celle-ci les restitua, c’est pourquoi on appelle ces enfants chtoniens les: « Palici »(du grec: « palin » : encore et de « ikein » :venir), « les deux fois nés »(voir dans Ovide et Virgile) et ils devinrent les « saints patrons » siciliens de l’agriculture et de la navigation tout en étant plus localement encore considérés comme les dieux des geysers et du monde souterrain du volcan.

Il est intéressant de noter que le mythe des deux fois nés existe aussi au proche Orient et en sanscrit (Dvija). En tout cas on sait que dans un temple dédié à Adranus, les Sicels maintenaient un feu éternel et selon Aelian, l’auteur romain: dans le passé une centaine de chiens sacrés étaient gardés près de ce temple… Donc on voit bien que de très importants cultes devaient être organisés autour du volcan et cela avant même les Grecs et romains.

Toujours sur le contour de l’Etna

De l’autre côté de Linguarossa sur le versant Nord Est de l’Etna on trouve sur plusieurs km2 une myriade de ruelles sinueuses cernées de murs enfermant de petits jardins, parfois jusqu’à 4m de haut et 80cm de large que l’on trouve nulle part ailleurs en Sicile et de même facture que les pyramides en pierres de lave avec la même usure et la même disposition.

Ces murs sont vraiment impressionnants. Aujourd’hui les champs clos ainsi par ces murs sont parfois construits et nous avons vu des structures pyramidales servant de socle à de petites maisons.

Il est difficile de voire exactement ce qui se trouve dans les petits champs clos car se sont des propriétés privées aujourd’hui recouvertes d’arbres et de cultures maraîchères.

Plus haut toujours sur le versant Nord de l’Etna à 887 m d’altitude derrière les murs d’une propriété privée nous avons pu observer une pyramide à degré en pierres de lave absolument extraordinaire mesurant à peu près 35 m de haut car les derniers étages sont en ruines, la base mesurant 23 m de large avec des escaliers très raides sur le côté permettant d’accéder aux terrasses supérieures. Il y a au pied de cette pyramide toutes sortes de terrasses formant une structure autour d’elle. Aujourd’hui les vignes et oliviers recouvrent en partie l’ensemble. Ce qui est intéressant c’est qu’au fur et à mesure de nos constatations nous verrons que toutes les pyramides ont soit des escaliers soit une rampe d’accès pour accéder au sommet. Ainsi de même entre Linguaglossa et Randazzo où l’on trouve entre autres, dans la vigne, une pyramide rectangulaire parfaite aux 6 degrés avec un petit escalier précis longeant la largeur de la pyramide et présentant son flanc de côté à l’Etna.

Entre Passopisciaro et Francavilla de Sicilia on peu observer une remarquable pyramide de forme rectangulaire, oblongue, aux gradins bien droits comme tirés au cordeau, qui forment à l’intérieur de la pyramide comme un chemin sinueux d’accès car les angles de cette pyramide sont incroyablement ronds et l’on trouve un petit escalier au sommet pour atteindre la plateforme finale.
Murs de 2m de haut très épais dans les ruelles sinueuses très anciennes
Murs de 2m10 à 4m longeant des ruelles sinueuses
Parfois des murs avec coursives et angles parfaitsMurs courants sur des km entre de petites pyramides et l'Etna
La pyramide rectangulaire à degrés et escaliers sur le côté à 880m de hauteur sur le versant nord de l'EtnaGrossissement de l'escalier d'accès
Pyramide rectangulaire parfaite présentant un escalier d'accès étroit sur son flancAujourd'hui on entasse les briques sur le côté ensoleillé de la pyramide pour qu'elles sèchent
Pyramide aux gradins biens droits avec petit escalier au sommetOn voit bien les 6 degrés
Regardez les angle ronds de cette pyramide pourtant rectangulaire. Et appréciez les crénaux du 4ème gradin.Angle sud rond de la pyramide
Angle opposé nord, rond de la pyramideSommet en spirale de la pyramide avec ouvertures pour rigoles
Face Ouest de la même pyramideFace Ouest de la pyramide rectangulaire.
Et ainsi la pyramide elle même forme comme un chemin processionnel pour qu’on y tourne autour et dessus.
On peut y voir aussi des sortes de créneaux avec rigoles permettant l’échappement des eaux. Il est très clair qu’on y montait dessus pour y tourner tout autour jusqu’au sommet face au volcan. Sur la route entre Randazzo et Bronte on trouve plusieurs petites pyramides de forme classique pyramidale (nous en avons dénombré une dizaine parfois très abimées) perdues dans la végétation tout autour de l’Etna qui comportent toutes des rampes d’accès permettant une procession sur la pyramide.
Route entre Randazzo et Bronte d'autres pyramides, neige sur le sommet de l'Etna
Petite pyramide sur cette route avec rampe d'accès en ruinesPetite pyramide avec sa rampe d'accès en ruines
On voit bien la grande rampe d'accès à droite.Idem
Petite pyramide rectangulaire à degrés en direction d'Adrano, sur le versant abrupt de l'Etna.
Puis continuant vers Adrano très en hauteur on retrouve de petites pyramides sur des terrains très en pente qui ont aussi des accès à leurs terrasses.

Nous avons également observé de savantes structures en terrasses qui semblent de la même époque que les pyramides et qui semblent servir à un système d’irrigation très ancien. Une source d’eau est captée en bas et des rigoles descendent depuis les hauts gradins et déversent de l’eau par ruissellement. Ces gradins ne semblent pas avoir servi à l’agriculture à l’origine car on a beaucoup de mal à y faire pousser quelque chose : juste quelques vignes en haut et tout un bas quelques oliviers mais la majorité des gradins restent sans culture.
Et nous avons remarqué aussi que beaucoup de pyramides se trouvent tout près de sites mégalithiques importants et de pierres levées.
Gradins servant à un ruissellement d'eau.Site mégalithique près de Castiglione di Sicilia et près de pyramides.

Observations essentielles

Nous avons donc observé malgré les différentes formes de pyramides, qu’elles avaient toutes des rampes d’accès ou des escaliers pour le sommet avec une vue privilégiée sur les sommets de l’Etna et qu’elles étaient toutes postées autour du volcan là où celui-ci pouvait être un danger par ses coulées de lave.

Quelle ne fut pas notre surprise de remarquer maintes fois que de gigantesques coulées de lave étaient arrêtées net, figées dans le temps à quelques pas de ces pyramides.

C’est une observation que nous avons faites après avoir étudié le terrain de 27 pyramides.

Des scientifiques de notre équipe: www.gizaforhumanity.org ont commencé à réfléchir et notre physicien sur le terrain à commencé à avancer une théorie qui va mériter dans le futur d’être étudiée, approfondie, et testée directement sur le terrain ce qui sera une expérience passionnante.

Ainsi selon cette piste au vu de tout ce que l’on a observé sur le terrain on a pu avancer la réflexion suivante : En créant sur une pyramide ou une hauteur conique ou cylindrique ou semi-sphérique un chemin en spirale au proprietés focalisantes, on matérialise le parcours du champs unitaire car on crée une cavité résonnante, c’est à dire une antenne.

Chaque spirale à une résonnance propre. Ce qui fait que sur le parcours de la spirale et alentour on altère peut-être l’écoulement du temps voir la masse de choses environnantes sans doute en activant le processus par une marche avec une cadence particulière sur le chemin processionnel, qui crée ainsi une résonnance.

Peut être une ancienne technologie permettant de stopper la lave?

En tout cas cela mérite d’être étudié et experimenté.
N’oublions pas que des soldats marchant au pas passant sur un pont peuvent rompre le pont, aussi on casse la cadence avant de passer le pont pour qu’il n’entre pas en résonnance.

Et il est intéressant de voir sur une ancienne carte de Sicile, un cercle en forme de serpent entourant le volcan là où se trouvent les pyramides.
Gigantesque coulée de lave stoppée net près de pyramides
Carte ancienne du royaume de Sicile où l'on voit un serpent circulaire autour de l'Etna à l'endroit où se trouvent les pyramides

Autres Découvertes

Ensuite outre les pyramides de la vallée d’Alcantara autour de l’Etna, nous sommes allés au cœur de la Sicile pour étudier une pyramide déjà filmée: celle de Pietraperzia près de Caltanissetta.
La flèche blanche indique Pietraperzia
L’accès à cette pyramide est très difficile car l’on doit emprunter des chemins de terre étroits et cahotiques sur des dizaines de km, mais cela valait la peine. Car non seulement nous découvrîmes au milieu des blés une magnifique pyramide à degrés ronde avec au sommet deux pierres levées dans 2 petites pièces sans toit et un chemin en escargot au sommet de cette pyramide mais nous découvrîmes également au loin 3 autres pyramides parfaitement similaires et jamais répertoriées.
Pyramide ronde à degrés de Pietrapienza avec derrière une autre sous la végétation La pyramide avec ses escaliers d'accés et ses 5 gradins
La deuxième pyramide ronde de Pietraperzia vue de la première. Depuis la première pyramide on voit au delà de la voiture la pierre de Pietraperzia
La pierre percée de Pietraperzia en droite ligne des pyramides au coeur de la Sicile A l'intérieur de la pierre percée où le rayon solaire passe à certains moments de l'année venant toucher les pyramides
On constata aussi que ces pyramides étaient alignées sur une ligne parfaitement droite allant vers la Pierre percée qui donna le nom au lieu: Pietraperzia. Pierre par laquelle on devait pouvoir observer le rayon solaire au solstice. Il y a d’ailleurs dans toute cette zone de nombreuses structures gisant sous les herbes y compris une parfaite pyramide triangulaire. Les Anciens avaient choisis ce lieu particulier du centre de l’île pour y installer un centre de culte très important.
2 autres pyramides rondes en ruines sous l'herbe et au centre au loin une pyramide parfaite triangulaire
La pyramide triangulaire au fond aurait besoin d'être déterrée nous avons constaté que le sommet était bien constitué de blocs de pierre Gradins en "pétales" sur la pyramide ronde
On nota que Les pyramides rondes ont des gradins en « pétales » tout autour et au sommet tout est sous le chiffre 2: deux petites pièces sans plafond séparées par un escalier dans lesquelles se trouvent deux pierres levées identiques où un « Y » se trouve taillé et plus haut un siège pour deux domine, peut être en l’honneur des jumeaux Palici, les deux fois nés, les fils de la nymphe Aetna: les dieux siciliens de la navigation et de l’agriculture.
Une des petites pièce au sommet de la pyramide Une des pierres levées
Le long du mur d'une des petites pièces au sommet de la pyramide on monte encore Un fauteuil pour deux au sommet de la pyramide maisavec la trace d'une étroite fenêtre plongeant directement sur la vue de la pierre percée au loin.
En tout cas au dessus du «siège» la trace d’une fenêtre étroite donnant directement en droite ligne vers la pierre percée indique bien la présence d’un culte solaire sophistiqué et solsticiale. A l’époque le spectacle d’un rayon lumineux traversant de part en part les structures aux solstices devaient être magnifique. On trouve également des autels en pierre en ruines disséminés un peu partout autour des pyramides.
Petit autel en ruine sous les arbres au pied de la pyramide

Origine possible des Pyramides

Les Sicans et leurs prédécesseurs préhistoriques ont certainement occupé toute la Sicile à l’origine avant l’arrivée des Sicels car on trouve des évidences de leur culture un peu partout dans l’île comme au mont Kronio près de Sciacca, et il est donc fort à parier que ce sont eux les constructeurs des petites pyramides, d’autant que les pyramides au cœur de la Sicile, zone spécifique d’occupation des Sicans, semblent être légèrement antérieures à celles entourant l’Etna.

N’oublions pas qu’une culture Sican est vraiment identifiable à partir de 1600 Avant J.-C, mais avant ils existaient déjà. Bien des choses sont encore à découvrir sur eux et leur histoire ne manque pas de personnages fabuleux comme le roi Sican: Kokalos qui donna refuge contre le roi de Crète, au fameux architecte et inventeur: Dédale à Inycus près de la rivière Belice.

Dédale alors construisit en Sicile des fortifications, thermes, aqueducs, temples et réservoirs un peu partout.

Mais il y a une autre thèse possible: c’est celle des célèbres: « Peuples des mers » composés d’une douzaine de tribus, dont un groupe mystérieux, et dont on a très peu d’information: les « Shekelesh » qui seraient originaire de la Sicile du sud Est (selon l’expert : N.K Sandars). Shekelesh, Sikala, Sikils, Sicules sont un peuple que l’on retrouve en 1220 et 1186 avant J.-C attaquant l’Egypte (Redford 1992:148) sous le règne du pharaon Merneptah et Ramses III. On en trouve mention dans les archives de Merenptah (règne de :1224-1214 Av.J.-C) où il est noté qu’il fit prisonnier 222 Shekeleshs, et dans une inscription de la tombe de Ramses III (N°157/Thèbes Ouest), dans le papyrus Harris qui fournit la liste des ethnies composant les Peuples de la mer dont les Shekelesh et dans les fameuses inscriptions du temple de Médinet Abou au pied de la vallée des rois à Luxor où les Shekelesh sont décrits comme: grands, portant une coiffe sur la tête et un médaillon sur leurs poitrines, deux lances et un bouclier rond….

Ce qui est très intéressant aussi c’est que des archéologues ont retrouvé des villages Shekelesh jusque dans le corridor Palestino-Syrien à Tell Zeror entre autres et leur identification en tant que peuple Sicel de Sicile serait prouvée par la découverte d’amphores sur le mont Dessueri en Sicile avec celles trouvées près de Jaffa à Azor. Ce peuple Sicilien qui aurait navigué partout sur les mers aurait forgé des tripodes et des chaudrons en bronze, utilisé la roue (fragments découverts à Piediluco) et fabriqué des céramiques (à Termitito)… Au XII ème siècle avant J.-C…

Et puis le roi Hittite Suppiluliuma II avertit le roi d’Ugarit: Hammurabi de l’arrivée éminente d’un peuple « Shikalayu vivant sur leurs bateaux » que les historiens pensent être le peuple Shekelesh/Sicel mentionné par Merenptah….Ils étaient donc de toutes façons de fiers navigateurs ce qui expliquerait pourquoi l’on trouve les mêmes pyramides et structures de Sicile: à Tenerife et jusque dans l’île Maurice (Voir articles sur Ile Maurice du même auteur) et certainement dans d’autres endroits encore à découvrir…
Statuette Merkart attribuée aux Phéniciens trouvée à Sciacca en Sicile on voit l'influence égyptienne aussi.
Les Peuples des Mers

Références:

  • « La Sicilia e l'arcipelago maltese nell'età del Bronzo Medio », D. Tanasi Pubblicazioni del Progetto Kasa 3, (Officina di Studi Medievali), Palermo 2008.
  • « On the Thapsos Culture in the Syracuse Area: the Problem of the Aegean Component », Gianmarco Alberti Thesis: 2001-02.
  • « Histoire des origines de la Grèce ancienne », Cannop Thirlwall,1832.
  • « The Sea Warriors of the Ancient Mediterranean », Sandars, N.K. ,London.
  • « The Sea Peoples », The Cambridge Ancient History, vol II. Barnett, R.D.
  • « Medinet Habu Inscriptions and Papyrus Harris in Pritchard, J.B.1969,Princeton University Press.
  • « The Shekelesh », Michele MacLaren, CAMS.
  • « Final Bronze Age Transmarine Migrations », Federico Bardanzellu.
  • « Best of Sicily », : « Daedalu in Sicily »& « Sicilian People : The Sicanians », par Vincenzo Salerno.
  • « Storia degli Etruschi »,Mario Torelli, Roma-Bari, 1998.
  • Témoignages de Siciliens et d'autres suite à la publication de cette article
Texte et photos: Antoine Gigal
Gigal Research 2013